Comprendre la leucémie myéloïde chronique

La leucémie est un cancer de la moelle osseuse et du sang. Les cellules souches saines du sang se répartissent normalement en deux lignées : les cellules souches myéloïdes et les cellules souches lymphoïdes, qui se transforment en globules blancs et en globules rouges matures.

Dans le cas de la leucémie, une mutation se produit, une mutation qui entraîne la croissance rapide de cellules anormales. Les cellules leucémiques envahissent la moelle osseuse et finissent par supplanter les cellules sanguines normales qui sont alors incapables d’accomplir leurs tâches.

La leucémie myéloïde chronique (LMC) est le résultat d’une mutation génétique acquise d’une seule cellule souche. Le changement cancéreux se produit dans des cellules de la moelle, appelées neutrophiles, qui sont des globules blancs ayant pour fonction de détruire les bactéries et d’autres microorganismes.

Prévalence/incidence

La plupart des cas de LMC se produisent chez des adultes de 65 ans et plus, et le risque augmente avec l’âge. La bonne nouvelle est que des traitements efficaces permettent aux personnes atteintes de LMC de vivre plus longtemps et mieux, et que le taux de survie relative après cinq ans est de 90 %.

Au Canada, on s’attend cette année à ce que 355 hommes et 235 femmes reçoivent un diagnostic de LMC.

Causes et facteurs de risque

La leucémie myéloïde chronique n’est pas héréditaire et apparaît spontanément chez la plupart des gens. Les personnes de plus de 65 ans et de sexe masculin sont plus susceptibles d’être atteintes de LMC.

L’exposition à de très fortes doses de radiation est également un facteur de risque. Le risque de LMC est plus élevé chez les personnes ayant déjà reçu une radiothérapie pour un autre cancer.

Toutefois, la plupart des personnes ayant reçu une radiothérapie ne seront pas atteintes de LMC, et la plupart des patients atteints de LMC n’ont jamais été exposés à de fortes doses de radiation.

La leucémie est l’un des « 15 cancers » causés par le tabagisme. L’exposition aux pesticides a également été associée à la leucémie et l’exposition au gaz radon a également été associée à un risque accru de leucémie et d’autres cancers. L’obésité peut augmenter le risque d’une personne d’être atteint de LMC au cours de sa vie et l’exposition au formaldéhyde est associée à un risque accru.

Dépistage

La LMC peut souvent être diagnostiquée à l’aide d’une simple numération des leucocytes du sang et d’une ou deux autres analyses.

Symptômes généraux

La plupart des personnes atteintes de LMC ne présentent pas de symptômes au moment du diagnostic. La LMC est généralement détectée au cours d’un bilan de santé annuel ou d’analyses sanguines de routine pour d’autres problèmes médicaux.

Chez les personnes qui ont des symptômes, les signes de la maladie apparaissent très graduellement. Ils comprennent de la fatigue, de l’essoufflement, de la pâleur, des sueurs nocturnes, une intolérance à la chaleur, une perte de poids non intentionnelle et une hypertrophie de la rate.

Types et pronostic

Le taux de survie après cinq ans pour la LMC est supérieur à 90 % après le traitement.

Les chromosomes sont des structures qui se trouvent dans le noyau des cellules et dans lesquelles est entreposée l’information génétique. Les cellules des patients atteints de LMC contiennent une version raccourcie du chromosome 22. Cette anomalie a été appelée chromosome Philadelphie (Ph) et est présente chez 95 % des patients atteints de LMC.

Les recherches ont révélé que le chromosome Philadelphie est le résultat d’une « translocation » entre les chromosomes 9 et 22. Le résultat de cette fusion est un gène muté causant le cancer, appelé Bcr-Abl qui provoque une division et une multiplication incontrôlées des globules blancs.

La LMC comporte trois phases. La plupart des gens reçoivent leur diagnostic durant la phase chronique. Il s’agit de la première phase et de la phase où la maladie est la plus facile à maîtriser. Cette phase se caractérise par de légers symptômes qui disparaissent rapidement au début du traitement.

La phase accélérée est la phase suivante au cours de laquelle la maladie devient plus agressive. À ce stade, la fatigue peut augmenter, la rate peut s’hypertrophier, et le nombre de globules blancs peut atteindre un niveau très bas ou augmenter en raison de l’accumulation de cellules blastiques, alors que le nombre de plaquettes diminue.

La troisième phase de la LMC est appelée crise blastique, la phase la plus agressive qui met la vie en danger. Durant cette phase, le nombre de cellules blastiques augmente dans la moelle osseuse et dans le sang : le nombre de globules rouges, de plaquettes et de neutrophiles diminue et le patient est sujet à de fréquents épisodes hémorragiques et infectieux.

Diagnostic et examens médicaux

On a recours à différentes analyses du sang et de la moelle osseuse pour diagnostiquer la LMC.

La formule sanguine permet de mesurer le nombre et le type de cellules dans le sang. Chez les personnes atteintes de LMC, le taux d’hémoglobine diminue et le nombre de globules blancs augmente de manière à atteindre un taux très élevé. Selon la gravité de la maladie, le nombre de plaquettes peut également fluctuer.

Une analyse sanguine au microscope optique donne une image caractéristique des globules blancs : une faible proportion de cellules immatures et une forte proportion de globules blancs en cours de maturation ou matures.

Si les analyses sanguines ne peuvent confirmer le diagnostic de la LMC, une ponction et une biopsie de la moelle osseuse sont effectuées. Dans le cas de la ponction de la moelle osseuse, une aiguille fine est utilisée pour prélever un petit échantillon de cellules. Pour la biopsie de la moelle osseuse, on se sert d’une aiguille plus large pour prélever un échantillon de la moelle osseuse et un échantillon d’os.

La présence du chromosome Philadelphie dans les cellules de la moelle confirme le diagnostic de LMC.

L’hybridation in situ en fluorescence et la réaction en chaîne de la polymérase (RCP) sont des analyses plus sensibles pouvant servir à détecter les cellules d’une LMC.

Traitement

Le but du traitement de la LMC est de ramener la numération globulaire à des valeurs normales. Les personnes ayant reçu un diagnostic de LMC devraient consulter un médecin spécialisé en leucémie (un hématologue ou un oncologue).

Les pharmacothérapies actuelles permettent à la plupart des personnes ayant reçu un diagnostic de LMC en phase chronique de maintenir une bonne qualité de vie. Le traitement initial commence par des médicaments inhibiteurs de la tyrosine kinase (ITK). Ce type de médicament peut être pris par voie orale et, chez la plupart des gens, offre une rémission stable s’étendant sur un grand nombre années.

La greffe de cellules souches est une option offerte à certains patients atteints de LMC. Si la maladie réapparaît après la greffe ou si elle résiste au traitement à l’interféron, il est possible de leur donner d’autres médicaments.

Pendant qu’un patient reçoit l’un des traitements offerts, des soins de soutien lui sont également offerts pour gérer la diminution du nombre de globules blancs causée par la LMC. Comme les patients atteints de LMC sont plus susceptibles de contracter des infections bactériennes et fongiques, les médecins peuvent prescrire des antibiotiques et des antifongiques, ou donner des injections d’immunoglobulines pour combattre ces infections. Les patients peuvent également recevoir des médicaments qui stimulent la production de globules blancs afin de permettre au corps de mieux se défendre contre les infections.

Sources :

Société canadienne du cancer

http://www.cancer.net/cancer-types/leukemia-chronic-myeloid-cml/statistics (en anglais seulement)

http://www.cancer.org/cancer/leukemia-chronicmyeloidcml/detailedguide/leukemia-chronic-myeloid-myelogenous-survival-rates (en anglais seulement)