Comprendre le cancer de la thyroïde

La plupart d’entre nous pensent rarement à notre thyroïde, mais cette glande en forme de papillon, située à l’avant du cou entre le larynx et la trachée, joue bon nombre de rôles importants dans le corps.

La thyroïde fait partie du système endocrinien. Les hormones thyroïdiennes aident à réguler diverses fonctions comme le métabolisme, le poids, la fréquence cardiaque, la tension artérielle et la température du corps. Ces hormones contribuent aussi au fonctionnement du cœur, du cerveau, des poumons et des muscles.

Les troubles et les maladies de la thyroïde, comme l’hyperthyroïdie (trop d’hormones thyroïdiennes), l’hypothyroïdie (trop peu d’hormones thyroïdiennes) ou la croissance de nodules (bosses), peuvent toucher des personnes de tout âge. Le cancer de la thyroïde peut également frapper à tout âge, mais ce cancer se développe le plus souvent chez des personnes âgées de 15 à 49 ans. Il s’agit du type de cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les personnes de 15 à 29 ans. Près de 80 % des personnes ayant reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde sont des femmes,  et les taux d’incidence chez la femme ont augmenté de façon régulière depuis le milieu des années 1980.

Selon l’Agence de santé publique du Canada, l’incidence du cancer de la thyroïde augmente plus rapidement que celle de tout autre cancer au Canada (en partie probablement à cause de l’amélioration des techniques diagnostiques). Il s’agit du dixième cancer le plus courant au Canada, et en 2015, on avait estimé à 6 300 le nombre de personnes qui recevraient un diagnostic de cancer de la thyroïde.

Êtes-vous à risque?

Les facteurs de risque pour le cancer de la thyroïde incluent les suivants :

  • antécédents familiaux de la maladie;
  • exposition à un rayonnement ionisant (par ex., radiographies);
  • avoir plus de 40 ans;
  • affections non cancéreuses de la thyroïde;
  • certaines conditions héréditaires;
  • obésité;
  • grande taille.

La cause du cancer de la thyroïde est inconnue chez la plupart des patients qui en sont atteints.

Pour réduire votre risque, la Société canadienne du cancer recommande de maintenir un poids santé, de manger des fruits et des légumes, et d’éviter les expositions non nécessaires aux radiations. Si vous croyez que vous présentez un risque plus élevé (en raison par exemple de vos antécédents familiaux de cancer de la thyroïde), discutez des examens de dépistage avec votre médecin.

Signes et symptômes

Le premier signe d’un cancer de la thyroïde est souvent la présence d’un nodule à la partie antérieure du cou. La plupart du temps, les nodules sont assez fréquents et bénins (non cancéreux), mais dans environ 5 % des cas, ils sont malins (cancéreux). Un ganglion lymphatique du cou enflé peut également être un signe de cancer.

Les autres symptômes peuvent inclure une gorge enrouée, une sensation de saturation dans le cou, de la difficulté à avaler ou à respirer, une toux ou un mal de gorge persistant, ou une douleur au cou.

Si vous éprouvez l’un ou l’autre de ces symptômes, consultez votre médecin – la détection précoce augmente le succès du traitement.

Diagnostic du cancer de la thyroïde

Votre médecin peut avoir recours à une combinaison d’examens pour détecter le cancer de la thyroïde, dont un examen physique, des analyses sanguines, une biopsie d’un nodule de la thyroïde, une laryngoscopie ou des examens d’imagerie (échographie, IRM, tomodensitométrie (TDM), tomographie par émission de positrons (TEP) et radiographie pulmonaire). Il existe une autre épreuve diagnostique possible, une scintigraphie à l’iode radioactif, aussi appelée scintigraphie par balayage ou scintigraphie radioisotopique, dans laquelle on emploie une petite quantité de matière radioactive pour détecter les nodules.

Pour les personnes atteintes d’un cancer de la thyroïde, bon nombre de ces examens aident aussi à déterminer le grade de la tumeur (c’est-à-dire le degré de différenciation entre les cellules cancéreuses et les cellules normales, le taux de croissance de la tumeur et le risque de propagation du cancer), de même que son stade (classification qui repose sur son emplacement, sa taille et son étendue dans l’organisme). La classification histologique et la stadification aident les médecins à choisir un traitement.

Traitement du cancer de la thyroïde

Il existe quatre principaux types de cancer de la thyroïde : papillaire, folliculaire, médullaire et anaplasique. Le cancer de type papillaire est le plus fréquent (80 à 85 % des cas), et le type folliculaire est le deuxième plus fréquent (7 à 15 % des cas). Ces deux types sont les formes « différenciées » du cancer de la thyroïde, ce qui veut dire que les cellules cancéreuses et les cellules normales ont certaines caractéristiques en commun (comme avoir besoin d’iode pour fonctionner).

Le traitement dépend du type, du grade et du stade du cancer de la thyroïde, de même que de l’âge et de l’état de santé général du patient. Un plan de traitement peut inclure une intervention chirurgicale pour enlever complètement ou partiellement la thyroïde, une radiothérapie, une hormonothérapie, une chimiothérapie et, dans certains cas de cancer médullaire de la thyroïde, une thérapie biologique.

Le pronostic (évolution de la maladie) dépend de plusieurs facteurs, comme l’âge du patient, la taille de la tumeur et la propagation ou non de la maladie à l’extérieur de la thyroïde. Les taux de survie pour ces cancers sont très élevés : au Canada, le taux de survie après 5 ans est de 98 %. Les cancers médullaires et anaplasiques de la thyroïde sont beaucoup plus rares et ont tendance à avoir un pronostic moins favorable. Les chances de rétablissement dépendent une fois de plus de facteurs comme la taille de la tumeur et la propagation du cancer dans l’organisme.

La vie après un cancer de la thyroïde

Le cancer de la thyroïde peut avoir d’importantes conséquences sur les plans physique, psychique et affectif, des conséquences qui peuvent persister même une fois le traitement terminé.

Après l’ablation de la thyroïde, les patients doivent prendre des hormones thyroïdiennes en comprimés. Sans cette hormonothérapie, les survivants du cancer risquent de souffrir d’hypothyroïdie (qui se manifeste par de la fatigue, des troubles du sommeil, un gain de poids, des problèmes cognitifs, de l’anxiété, de la dépression, des douleurs articulaires et d’autres symptômes). Les médecins ajustent la posologie en fonction des résultats d’analyses sanguines visant à mesurer le niveau d’hormone.

Les survivants doivent demeurer vigilants et passer des examens et des tests de dépistage réguliers pour le cancer, car la maladie peut récidiver. Un plan de bien-être, élaboré en collaboration avec des professionnels de la santé, peut aider ces personnes à retrouver leur énergie, à composer avec les effets secondaires et le stress, et à réduire le risque de récidive du cancer.

Pour obtenir de l’aide et de l’information, beaucoup de patients trouvent utile de rencontrer d’autres personnes ayant vécu une expérience semblable. Pour trouver des groupes d’entraide et des groupes de soutien pour les familles, communiquez avec le bureau de la Société canadienne du cancer de votre région ou joignez-vous à la cybercommunauté de l’organisme, ParlonsCancer.ca.  Des services-conseils de professionnels peuvent également aider les personnes atteintes de cancer à composer avec la maladie, son traitement et ses répercussions.

RESSOURCES

Société canadienne du cancer
Action Cancer Ontario
Cancer de la thyroïde Canada

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