Comprendre le cancer de l’ovaire

Le cancer de l’ovaire prend naissance dans les ovaires qui font partie de l’appareil reproducteur féminin. Les ovaires sont situés de chaque côté de l’utérus. Ils fabriquent et libèrent des œufs (ovules), et produisent également les hormones femelles, soit les œstrogènes et la progestérone.

Les cellules de tout notre organisme se développent et se divisent pour remplacer de vieilles cellules ou des cellules endommagées. Si le matériel génétique d’une cellule est modifié ou endommagé, les cellules risquent de se développer et de se multiplier de façon anormale et désordonnée. Lorsque cela se produit dans un ovaire, des kystes ou des tumeurs bénignes (non cancéreuses) peuvent se former. Il arrive parfois aussi que des tumeurs malignes (cancéreuses) se développent et se propagent à d’autres tissus (métastases).

Les ovaires se composent de trois types de cellules : des cellules épithéliales, des cellules germinales et des cellules stromales. Une tumeur cancéreuse distincte peut se développer dans chaque type de cellules. Le cancer épithélial de l’ovaire est le type le plus courant (90 % des cas). Le cancer des cellules germinales de l’ovaire est moins fréquent (5 à 10 % des cas), et la tumeur du stroma est la moins fréquente (moins de 5 % des cas).

Environ 2 800 Canadiennes reçoivent chaque année un diagnostic de cancer de l’ovaire, ce qui représente environ 1 femme sur 71. Malheureusement, le taux de mortalité est élevé parce que la maladie est souvent détectée à un stade plus avancé : la survie après cinq ans est de 45 %. Il n’existe pas encore de test de dépistage ni de vaccin pour le cancer de l’ovaire.

Facteurs de risque

On ne connaît pas bien les facteurs de risque des tumeurs stromales et germinales de l’ovaire. Les facteurs de risque associés au type le plus courant, soit le cancer épithélial de l’ovaire, sont mieux compris, de même que ceux des tumeurs à la limite de la malignité (des tumeurs épithéliales qui semblent cancéreuses, mais qui ne se sont pas développées dans les tissus voisins). Selon la Société canadienne du cancer, les facteurs de risque connus sont les suivants :

  • antécédents familiaux de cancer de l’ovaire;
  • mutations des gènes BRCA;
  • aucune grossesse;
  • antécédents familiaux de certains cancers;
  • antécédents personnels de cancer du sein;
  • avoir plus de 50 ans;
  • hormonothérapie substitutive (HTS);
  • tabagisme;
  • amiante;
  • origine juive ashkénaze;
  • syndrome de Lynch (cancer colorectal héréditaire sans polypose).

Il y a d’autres facteurs de risque possibles, dont l’obésité, l’endométriose, l’application de poudre de talc sur les organes génitaux et la grande taille (due à la croissance et aux hormones, et non à la grande taille en soi). Leur rôle dans le cancer de l’ovaire n’est toutefois pas clair et d’autres études sont nécessaires.

Il n’est pas possible de prévenir le cancer de l’ovaire, mais certains facteurs peuvent en réduire le risque :

  • prise de contraceptifs oraux, particulièrement pendant plus de dix ans;
  • grossesse à terme;
  • allaitement;
  • ligature des trompes;
  • ablation des ovaires et/ou des trompes de Fallope.

 Signes et symptômes

Il est possible que le cancer de l’ovaire ne cause aucun signe ni symptôme au cours des tout premiers stades. S’il commence à se propager, il peut causer les symptômes suivants :

  • un ballonnement ou un gonflement de l’abdomen;
  • des symptômes urinaires (besoin fréquent ou urgent d’uriner);
  • des changements au niveau de la digestion (difficulté à manger, satiété précoce, brûlures d’estomac et indigestion);
  • de la constipation;
  • une pression ou une douleur dans la région pelvienne ou abdominale;
  • une masse dans la région pelvienne ou abdominale;
  • un gain ou une perte de poids;
  • de la fatigue;
  • un saignement vaginal anormal;
  • une douleur lors des rapports sexuels.

Les signes et les symptômes ci-dessus ne sont pas spécifiques au cancer de l’ovaire, ils peuvent avoir d’autres causes. Il est toutefois important d’y prêter attention et de consulter votre médecin, particulièrement si les symptômes sont persistants ou fréquents.

Diagnostic du cancer de l’ovaire

Il n’existe pas encore de test de dépistage pour le cancer de l’ovaire, mais votre médecin peut effectuer les examens suivants :

  • antécédents médicaux et examen physique;
  • examen pelvien complet;
  • échographique transvaginale ou pelvienne;
  • analyses sanguines.

Si votre médecin a des raisons de soupçonner un cancer de l’ovaire, il ou elle peut demander une biopsie ou une laparoscopie au cours de laquelle un petit échantillon de tissu est prélevé afin de vérifier la présence de cellules cancéreuses.

Traitement du cancer de l’ovaire  

Une fois que le cancer de l’ovaire a été diagnostiqué, le traitement peut inclure une chirurgie pour enlever la tumeur (c’est le traitement principal du cancer de l’ovaire, peu importe le stade ou le type), une chimiothérapie au cours de laquelle on a recours à des médicaments pour tuer les cellules cancéreuses et réduire la taille de la tumeur, une hormonothérapie, et moins souvent, une radiothérapie. (Certaines femmes ont également recours à des thérapies complémentaires ou parallèles qui ne traitent pas le cancer, mais permettent de soulager des symptômes comme la fatigue ou le stress. Discutez toujours de ces thérapies avec un médecin.)

Au moment de planifier le traitement, les médecins tiennent compte du type de tumeur, du grade et du stade du cancer (son apparence, son comportement et son étendue dans l’organisme), et aussi du désir de la patiente d’avoir des enfants.

La vie après le cancer de l’ovaire

Après le traitement, les femmes peuvent éprouver des difficultés physiques et émotives. Dans certains cas, elles peuvent ressentir des effets secondaires à long terme ou des changements physiques qui persistent une fois le traitement terminé. Il est important d’obtenir des soins de soutien pour faciliter l’adaptation à la vie après le traitement.

Les médecins surveillent les patientes de près pour déceler toute récidive du cancer; les suivis peuvent inclure des examens physiques, des analyses sanguines et des examens d’imagerie. En plus des soins médicaux, des services d’entraide et des services-conseils professionnels peuvent leur être utiles. Pour de l’information et des ressources, communiquez avec un organisme réputé comme la Société canadienne du cancer ou Cancer de l’ovaire Canada.

RESSOURCES

Cancer de l’ovaire Canada
Société canadienne du Cancer