La solitude et l’isolement s’avèrent des risques importants pour la santé des aînés

En vieillissant, les gens se retrouvent davantage seuls. Cela peut être causé par la perte d’un conjoint, la retraite, l’éloignement de la famille et des amis, la perte de mobilité ou l’obligation de renoncer à conduire. Les personnes âgées sont donc plus susceptibles de vivre l’isolement social et la solitude, deux phénomènes qui ont été liés à de graves problèmes de santé comme le déclin fonctionnel et cognitif, la démence, la dépression, les maladies cardiaques et même un risque accru de décès.

Vivre en solitaire ne signifie pas nécessairement que l’on se sente seul, et inversement : les personnes qui ne vivent pas seules peuvent souffrir de solitude. Dans une étude menée auprès d’adultes de 60 ans et plus à travers les États-Unis, 43 % des personnes interrogées ont déclaré se sentir seules, mais seulement 18 % d’entre elles vivaient seules. L’étude a également révélé que les personnes qui s’identifiaient comme souffrant de solitude encouraient, sur une période de six ans, un risque de déclin fonctionnel 59 % plus élevé que la moyenne et un risque de décès 45 % plus élevé que la moyenne.

Les humains sont des êtres sociaux et entretenir des relations sociales leur permet généralement de s’épanouir. Des recherches ont révélé que les personnes qui participent à des activités significatives et productives en compagnie d’autres personnes et qui disposent d’un réseau social solidaire ont tendance à vivre plus longtemps, à préserver leur bien-être et peuvent même à voir leurs fonctions cognitives s’améliorer.

La distinction entre la solitude et l’isolement social

Des études ont révélé que l’isolement social et la solitude sont liés, mais distincts. L’isolement social consiste en une séparation physique d’autres gens, c’est-à-dire que vous manquez de personnes avec qui échanger. La solitude est un sentiment subjectif de souffrance lié au fait d’être seul ou séparé des autres — vous avez peut-être de la famille et des amis à proximité, mais vous éprouvez quand même un sentiment de solitude. Il est également important de différencier entre la solitude et le fait d’être déprimé.

Les effets nocifs de l’isolement social

Les personnes âgées isolées socialement sont davantage portées à entretenir des comportements néfastes pour la santé, notamment la consommation d’alcool, le tabagisme, la sédentarité et la mauvaise alimentation. Elles sont également plus à risque de faire des chutes et de se retrouver à l’hôpital. Des études ont montré que l’isolement social est également un facteur significatif de prédiction de la mortalité liée aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux, qu’il affecte la santé psychologique et cognitive des personnes âgées et qu’il est associé à des taux plus élevés de dépression et de suicide.

Parce que l’isolement social comporte un risque de développer des problèmes de santé mentale, il peut alors affecter l’estime de soi et la confiance. Cela restreint les liens sociaux et empêche les gens de demander de l’aide, ce qui contribue à maintenir l’isolement.

L’isolement social, accompagné ou non de solitude, peut avoir un effet sur le risque de mortalité aussi important que le tabagisme, l’obésité, la sédentarité et l’hypertension artérielle.

Les risques de la solitude pour la santé

La solitude a été liée de manière indépendante au déclin fonctionnel et à l’augmentation du taux de mortalité. La recherche démontre que la solitude est davantage liée à des problèmes de santé que l’isolement par lui seul.

D’après le Dr Steve Cole, qui administre le Social Genomics Core Laboratory de la University of California à Los Angeles : « [Traduction] La solitude agit comme un catalyseur pour d’autres maladies. Les effets biologiques de la solitude peuvent accélérer l’accumulation de la plaque sur les parois des artères, la croissance et la propagation de cellules cancéreuses et l’inflammation du cerveau, ce qui conduit à la maladie d’Alzheimer. La solitude favorise plusieurs types de dommages corporels. »

Le sentiment d’avoir une mission et un but dans la vie est par contre lié au fait d’avoir des cellules immunitaires plus saines.

Les facteurs de risque associés à l’isolement social et la solitude

De nombreux facteurs de risque favorisent l’isolement social et la solitude des personnes âgées, par exemple :

  • vivre seul;
  • être âgé de 80 ans ou plus;
  • un état de santé compromis, y compris des problèmes de santé chroniques;
  • ne pas avoir d’enfant ou d’interactions avec les membres de la famille;
  • ne pas avoir un accès convenable à des moyens de transport;
  • n’avoir que des moyens modestes;
  • des changements de structures familiales, des jeunes qui émigrent pour travailler et qui abandonnent les personnes âgées, et le lieu de résidence (p. ex., en ville, à la campagne ou dans une région éloignée);
  • être à la retraite;
  • avoir vécu le décès d’un conjoint;
  • avoir perdu son permis de conduire.

Les aînés et les intervenants ont identifié davantage de facteurs de risque lors d’un sondage par le Conseil national des aînés. Ceux-ci comprennent :

  • un manque de sensibilisation ou d’accès aux services et aux programmes communautaires;
  • la peur, la stigmatisation ou la discrimination fondée sur l’âge, qui empêchent les aînés d’accéder aux services ou aux programmes communautaires, ou d’être socialement actifs dans leur communauté;
  • un manque de logements et de choix de soins abordables et convenables pour répondre aux besoins variés des personnes âgées;
  • la perte du sentiment d’appartenance à une communauté;
  • des problèmes de santé à long terme, y compris les handicaps;
  • l’apparition tardive ou liée à l’âge d’affections incapacitantes, comme l’incontinence ou la peur de tomber lors des déplacements;
  • les défis liés à la technologie (notamment, l’accès et les coûts, l’alphabétisation et l’aisance avec les technologies, y compris les systèmes téléphoniques [appuyez sur le « 1 » pour service, etc.], les ordinateurs, les médias sociaux, ainsi que d’autres [p. ex., les parcomètres]).

Des groupes précis de personnes âgées ont également été identifiés comme étant plus susceptibles d’être isolés socialement, par exemple :

  • des aînés présentant des problèmes de santé physique et mentale [dont les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences connexes, ou de maladies chroniques multiples];
  • des personnes âgées qui sont des aidants;
  • des aînés autochtones;
  • des aînés qui sont de nouveaux arrivants au Canada ou des immigrants plus âgés (et qui vont souvent éprouver des difficultés en lien avec la compétence linguistique, vivre une séparation d’avec la famille, être financièrement dépendants de ses enfants, posséder un faible niveau de contacts interethniques, subir de la discrimination);
  • des personnes âgées lesbiennes, homosexuelles, bisexuelles ou transgenres.

Comment protéger les aînés des effets négatifs de l’isolement et de la solitude

Les membres de la famille, les amis et les voisins ainsi que les professionnels des soins de santé et des services sociaux peuvent contribuer à réduire l’isolement social en signalant les personnes âgées isolées. Ils peuvent également contribuer à briser le cycle de la solitude en interrogeant les personnes âgées pour connaître les raisons pour lesquelles elles se sentent seules.

Voici quelques moyens de contrer les effets de l’isolement social et de la solitude :

Un mode de vie actif et axé sur la santé

L’isolement est souvent le résultat d’un mauvais état de santé. C’est pourquoi il est si important pour les aînés de maintenir un mode de vie sain grâce à :

  • des activités physiques;
  • un régime équilibré;
  • un poids santé;
  • une consommation modérée d’alcool;
  • l’abstinence au niveau du tabagisme;
  • de bonnes habitudes de sommeil.

Accès à des renseignements, services et programmes conçus pour les aînés

Le gouvernement du Canada met à la disposition du public une ligne téléphonique et un site Web fournissant des informations concernant les services sociaux et de santé à l’échelle gouvernementale et communautaire destinés aux personnes âgées partout au pays.

  • Le 211 est une ligne d’assistance téléphonique qui offre aux gens des renseignements et des services pertinents.
  • aines.gc.ca se veut une source centrale d’information pour les aînés, leurs familles et leurs aidants naturels, qui regroupe des renseignements au sujet des services et des prestations des gouvernements fédéraux, provinciaux, territoriaux et de certaines municipalités, dont des informations au sujet des finances, du logement, des services de santé et du bien-être.

Services de soutien communautaires

Comme les aînés ont aujourd’hui tendance à demeurer chez eux, c’est-à-dire dans leur maison, plus longtemps, ils peuvent avoir besoin de services et de soins à domicile (p. ex., aide aux repas, visites amicales, entretien de la maison, soins de santé, etc.). Les professionnels des soins de santé à domicile peuvent aider ces personnes à bien vieillir chez elles; ils peuvent aussi identifier les personnes âgées socialement isolées souffrant de dépression, de problèmes de santé mentale ou de déclin cognitif et qui devraient être aiguillées vers des services supplémentaires.

Accès à des moyens de transport

Les aînés qui ne peuvent pas conduire ou utiliser le transport en commun ont besoin de moyens de transport alternatifs et accessibles pour entrer ou rester en contact avec leurs collectivités. Nous recommandons que les personnes âgées dénichent des organisations communautaires qui proposent des services de déplacement, qu’elles créent un compte auprès d’un service de taxi ou de covoiturage, ou qu’elles demandent à des amis ou membres de leur famille de leur donner un coup de main.

Cours et activités

Les personnes âgées peuvent profiter de programmes et de cours offerts dans les centres communautaires et les bibliothèques. C’est une excellente façon de participer à diverses activités, de rencontrer de nouvelles personnes et de nouer des amitiés.

Bénévolat

Le bénévolat constitue un formidable moyen pour les personnes âgées de s’impliquer dans leur communauté et de se sentir utiles.

Recours à la technologie

En plus de se rencontrer en personne, les personnes âgées peuvent se servir d’Internet et des médias sociaux pour communiquer. Les appels vidéo et audio sur Skype et Facetime peuvent contribuer à maintenir le contact avec leur famille et leurs amis. Les personnes âgées peuvent également échanger avec des personnes au sein de groupes de discussion et de soutien en ligne.

RESSOURCES

Gouvernement du Canada Conseil national des aînés

Journal of Aging Life Care

National Institute on Aging

Statistique Canada

University of California San Francisco