L’anxiété est le rhume de la santé mentale

Au cours de sa vie, une personne sur quatre vivra de l’anxiété de façon suffisamment importante pour être diagnostiquée comme souffrant d’un trouble mental. Et plusieurs personnes luttent contre l’anxiété à un niveau subclinique, c’est-à-dire à un degré où ce n’est pas assez grave pour être qualifié de trouble, mais désagréable, inconfortable et parfois gênant pour le travail, les relations ou les activités sociales. Dans ce contexte, il est peut-être logique que l’anxiété soit parfois appelée le « rhume de la santé mentale ». Cependant, bien que l’anxiété puisse être aussi courante que le rhume, un trouble anxieux ne peut pas se guérir en 7 à 10 jours.

Comment savoir si l’anxiété est une inquiétude normale ou un trouble? Trois indicateurs suggèrent qu’une évaluation plus poussée et un traitement professionnel pourraient être nécessaires : la gravité, la durée et l’impact sur la vie quotidienne. Si l’inquiétude ou l’anxiété survient presque tous les jours pendant six mois ou plus, et est suffisamment grave pour nuire aux objectifs de vie ou aux activités (comme pouvoir exercer son travail, changer de métier ou participer à certaines activités sociales), on pourrait parler d’un trouble anxieux. Qu’il s’agisse d’un trouble ou non, si l’anxiété ou l’inquiétude limite votre vie de quelque manière que ce soit, en parler à quelqu’un pourrait vous aider. Il existe de bons traitements qui fonctionnent à merveille.

Différents types de troubles anxieux

Il existe sept différents types de troubles anxieux, qui se retrouvent généralement dans l’une des deux catégories décrites ci-dessous. En les parcourant, gardez à l’esprit qu’ils se chevauchent et qu’une même personne se retrouve souvent aux prises avec plus d’un type de trouble anxieux, soit simultanément ou à des moments différents de sa vie.

Trouble d’anxiété généralisée (TAG) : Le TAG se caractérise par une inquiétude excessive et incontrôlable au sujet de choses courantes de la vie quotidienne. Peut-être que l’inquiétude est centrée sur la réussite (ou l’échec) au travail ou à l’école, la santé ou le bien-être (ou ceux de ses proches), l’avenir, les catastrophes naturelles ou autre chose. On parle généralement d’une inquiétude quotidienne et considérable, assez importante pour créer une détresse.

Phobies : Il existe trois types de troubles de la phobie, à savoir la phobie sociale, la phobie précise et l’agoraphobie. Dans tous les cas, certaines situations ou choses provoquent une peur ou une terreur irrationnelle, au point que la personne les évite ou les tolère difficilement. La phobie sociale (PS), aussi appelée anxiété sociale, est une crainte irrationnelle des interactions sociales. La personne qui en souffre a généralement peur d’être regardée, jugée, humiliée ou de se trouver dans une situation fâcheuse. En fin de compte, la personne craint d’être rejetée ou considérée comme stupide ou ennuyeuse. Une phobie spécifique est une peur démesurée de quelque chose qui ne provoquerait pas la même réaction chez la plupart des personnes. Des exemples comprennent une peur des ascenseurs, des araignées, des aiguilles ou de prendre l’avion. L’agoraphobie, quant à elle, est la peur des espaces ouverts ou des foules. Généralement, la personne craint d’avoir une crise de panique dans ces espaces et de ne pas pouvoir s’échapper rapidement.

Outre le TAG et les trois types de phobies, les gens pensent souvent à deux autres troubles liés à l’anxiété. D’abord, le trouble obsessionnel-compulsif, qui se manifeste par des pensées répétitives causant la détresse, ou des comportements répétitifs et irrationnels, tels que se laver les mains à outrance ou vérifier certaines choses qu’on a déjà vérifiées plusieurs fois. Le second est le trouble de stress post-traumatique (TSPT), que vous connaissez peut-être déjà. Techniquement, le TSPT n’est plus considéré  comme un trouble anxieux, bien que la personne qui en souffre puisse vivre de l’anxiété. Il comprend un groupe de symptômes pouvant survenir chez certaines personnes qui ont été témoin ou victime d’un événement très traumatisant. Les symptômes comprennent notamment des flashbacks, des cauchemars et des perturbations de l’humeur.

Comment traite-t-on l’anxiété? Il existe un bon nombre de stratégies d’autoassistance pour contrer l’anxiété. Il est aussi recommandé de faire de l’exercice physique sur une base régulière, de dormir suffisamment, et d’adopter des habitudes conçues pour promouvoir la détente. Par exemple, un effort physique suffisant, c’est-à-dire 150 minutes d’exercice modérément intense par semaine, s’avère aussi efficace que les médicaments pour atténuer l’anxiété légère à modérée. Cependant, si l’anxiété est modérée à grave, l’exercice ne sera pas suffisant.

Les lignes directrices canadiennes suggèrent que l’anxiété peut être traitée au moyen d’interventions psychologiques ou de traitements pharmacologiques (médicaments), ou des deux. Le choix du traitement dépend de nombreux facteurs, notamment la préférence de la personne, sa motivation et sa capacité à participer à des traitements psychologiques, et l’offre de tels traitements, pour n’en citer que quelques-uns. Lorsque les troubles anxieux sont graves, la médication est souvent nécessaire, en particulier au début, pour permettre à la personne de se concentrer suffisamment pour participer à la psychothérapie. Les médicaments prescrits pour traiter l’anxiété sont souvent les mêmes que ceux recommandés pour combattre la dépression. Ils se retrouvent habituellement dans deux classes distinctes : les inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN).

Les traitements psychologiques sont importants pour la gestion à long terme de l’anxiété et comprennent de l’éducation sur le trouble anxieux particulier et les stratégies d’adaptation de base, ainsi que la thérapie cognitive du comportement (TCC). La TCC n’est pas un traitement, mais se compose de plusieurs stratégies ciblant les aspects particuliers du comportement qui posent le plus de problèmes et perpétuent l’anxiété. Par exemple, un comportement courant chez les personnes anxieuses consiste à éviter la situation redoutée ou provoquant l’anxiété. Une approche de la TCC, appelée « exposition », consiste à aider la personne à affronter ses peurs progressivement et en toute sécurité. Au fil du temps, la personne apprend à faire face à des situations qui étaient auparavant bouleversantes pour elle. Une fois qu’elle a appris à se sentir plus à l’aise dans une situation, la confiance accrue lui permet de faire face à d’autres situations.

Une autre approche consiste à apprendre à gérer la montée de la tension provoquée par l’anxiété, qui peut déclencher, par exemple, une augmentation de la fréquence cardiaque, une respiration rapide, et des « papillons » ou des maux d’estomac. Ces effets sont souvent neutralisés à l’aide de stratégies particulières de respiration ou de relaxation. Au fil du temps, avec l’entraînement, la relaxation devient plus facile à réaliser et la tension s’atténue.

Bien que les médicaments et les stratégies psychologiques soient utiles, les lignes directrices canadiennes recommandent d’essayer un moyen avant de passer à l’autre. Ainsi, des interventions psychologiques pourraient être proposées sur 12 à 20 séances. Si ces dernières ne sont pas ou peu efficaces, un médicament peut être ajouté. Le traitement peut également s’effectuer dans l’ordre inverse, c’est-à-dire qu’on offre les médicaments en premier. En règle générale, on doit attendre jusqu’à 12 semaines avant de déterminer l’efficacité des ISRS et des IRSN. Quelques essais peuvent être nécessaires pour trouver un médicament efficace.

L’anxiété est très courante, mais les troubles anxieux sont sous-diagnostiqués et sous-traités, ce qui entraîne plus de souffrance que nécessaire. Si vous ou une de vos connaissances êtes aux prises avec l’anxiété, envisagez d’en parler à votre médecin de famille, qui pourra vous aider.