Le cancer colorectal se traite bien s’il est détecté suffisamment tôt

Le cancer colorectal, aussi connu sous le nom de cancer des intestins, cancer du côlon ou cancer du rectum, se forme dans les cellules du côlon ou du rectum, qui sont des parties du gros intestin et du système digestif. La plupart des cancers colorectaux se développent d’abord avec l’apparition de polypes, des excroissances à l’intérieur du côlon ou du rectum qui peuvent devenir cancéreuses si elles ne sont pas retirées. Bien que tous les polypes ne soient pas précurseurs de cancer, le cancer colorectal se développe presque toujours à partir d’un polype.

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquemment diagnostiqué au Canada. Il représente la deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes et la troisième cause de mortalité par cancer chez les femmes. Toutefois, lorsqu’il est détecté tôt, il se traite bien.

D’après des estimations de la Société canadienne du cancer, à l’échelle du Canada, environ 1 homme sur 14 développera un cancer colorectal au cours de sa vie et 1 homme sur 32 en mourra. De plus, environ 1 femme sur 18 développera un cancer colorectal au cours de sa vie et 1 sur 37 en mourra.

Le taux d’incidence est à la baisse chez les adultes âgés de plus de 50 ans

La plupart des personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer colorectal sont âgées de plus de 50 ans et le risque augmente avec l’âge. Heureusement, le taux d’incidence des cancers colorectaux chez les hommes et les femmes est à la baisse, tout comme le taux de décès. Cette situation est probablement attribuable, en partie, à l’utilisation accrue des méthodes de dépistage du cancer colorectal ainsi qu’à l’amélioration du diagnostic et des traitements. Étonnamment, des études récemment publiées aux États-Unis et au Canada ont révélé qu’alors que les taux de cancer chez les personnes plus âgées étaient à la baisse, ils sont à la hausse chez la Génération Y (personnes nées entre 1981 et 1996) et la Génération X (personnes nées entre 1965 et 1980).

La Société canadienne du cancer a confirmé cette tendance et a déclaré que 7 % des cancers colorectaux au Canada étaient diagnostiqués chez les gens âgés de 50 ans et moins. Les chercheurs pensent que ce résultat est basé sur des facteurs liés au mode de vie plutôt que sur la génétique. Ces facteurs liés au mode de vie comprennent l’excès de poids, le manque d’exercice, les mauvaises habitudes alimentaires, la consommation d’alcool et le tabagisme.

Facteurs de risque associés au cancer colorectal

On ne peut pas dire avec exactitude pourquoi le cancer colorectal se développe chez certaines personnes et pas chez d’autres. Les facteurs de risque augmentent les chances de développer un cancer, mais parfois le cancer colorectal se développe chez des gens qui ne présentent aucun des facteurs de risques identifiés. Ces facteurs incluent :

  • Âge : Le cancer colorectal est plus commun chez les gens âgés de plus de 50 ans et les chances de développer ce cancer augmentent avec chaque décennie.
  • Antécédents de polypes colorectaux : Les polypes sont de petites excroissances généralement bénignes sur la paroi interne du côlon et du rectum. Bien qu’on les retrouve couramment chez les personnes âgées de plus de 50 ans, la présence d’un type de polype appelé adénome augmente le risque de développer un cancer colorectal.
  • Antécédents de cancer colorectal : Une personne qui a déjà eu un cancer colorectal peut développer la maladie une deuxième fois dans d’autres portions du côlon ou du rectum. Les probabilités de développer le cancer sont plus grandes si la première occurrence a eu lieu à un âge inférieur à 50 ans.
  • Antécédents de maladies intestinales inflammatoires (MII) : Les maladies inflammatoires du côlon telles que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn peuvent augmenter les risques de développer un cancer du côlon.
  • Antécédents familiaux de cancer colorectal : Les membres de la famille immédiate (parents, frères et sœurs ou enfants) d’un individu qui a déjà eu un cancer colorectal sont plus susceptibles de développer ce type de cancer, surtout le membre de la famille atteint a été diagnostiqué à un jeune âge.
  • Ascendance juive ashkénaze : Les Juifs issus de l’Europe de l’Est ont un risque plus élevé que la moyenne de développer un cancer colorectal. Ce groupe a tendance à avoir une mutation particulière du gène APC qui augmente leur niveau de risque.
  • Antécédents de cancer : Les études ont démontré que les femmes avec des antécédents de cancers des ovaires, de l’utérus, de l’endomètre ou du sein présentent un risque quelque peu accru de développer un cancer colorectal.
  • Diabète de type 2 : Les gens qui sont atteints du diabète de type 2 (habituellement, un type de diabète non insulinodépendant) sont à risque plus élevé de développer un cancer colorectal.
  • Alimentation : Le cancer colorectal semble être associé aux régimes riches en calories et en matières grasses, aux viandes rouges et aux viandes transformées ainsi qu’aux fruits et légumes faibles en fibres. Les chercheurs ont également suggéré que les méthodes de cuisson de la viande à haute température (frire, rôtir ou griller sur le barbecue) contribuent à la production de produits chimiques. Ces derniers peuvent augmenter le risque de cancer.
  • Mode de vie sédentaire/inactivité physique : Les personnes qui ne sont pas actives physiquement sont plus susceptibles de développer un cancer colorectal. Le grand nombre d’habitudes sédentaires (p. ex., être assis pendant de longues périodes de temps) est lié à un risque plus élevé de cancer colorectal et plus particulièrement, au niveau du côlon distal et du rectum.
  • Obésité : Les gens qui sont obèses ont un risque accru de développer un cancer du côlon et ils courent un plus grand risque d’en mourir.
  • Tabagisme : Les fumeurs de longue date sont plus susceptibles de développer un cancer colorectal et d’en mourir que les non-fumeurs. Bien que le tabagisme soit une cause bien connue du cancer des poumons, certaines des substances cancérogènes sont avalées et peuvent causer des cancers du système digestif comme le cancer colorectal.
  • Consommation importante d’alcool : Le cancer colorectal a été relié à une consommation importante d’alcool. La consommation d’alcool devrait être limitée à deux consommations par jour dans le cas des hommes et une par jour dans le cas des femmes.
  • Facteurs génétiques : Des syndromes génétiques rares peuvent augmenter les risques de développer un cancer du côlon. Les deux syndromes héréditaires les plus souvent liés à ce cancer sont : la polypose adénomateuse familiale (PAF) et le syndrome de Lynch, aussi appelé cancer colorectal héréditaire sans polypose.

Symptômes du cancer colorectal

De nombreuses personnes atteintes du cancer du côlon n’éprouvent pas de symptômes aux premiers stades de la maladie. Lorsque ceux-ci apparaissent, ils varient habituellement et dépendent de la taille du cancer et de l’endroit où il se trouve dans le gros intestin.

Les signes et symptômes du cancer du côlon comprennent :

  • changement persistant des habitudes intestinales, incluant la diarrhée ou la constipation ou un changement de la consistance des selles;
  • saignements rectaux ou sang dans les selles;
  • malaises abdominaux persistants comme les crampes, les flatulences ou la douleur;
  • sensation d’évacuation incomplète;
  • fatigue ou faiblesse;
  • perte de poids inexpliquée.

La plupart de ces symptômes peuvent également pointer vers d’autres maladies. Il est important de consulter un professionnel de la santé si les symptômes persistent pendant quatre semaines ou plus.

Prévenir le cancer colorectal

Bien que certains facteurs de risque associés au cancer colorectal ne puissent pas être contrôlés, il est toujours possible de modifier ses habitudes de vie. Faire de l’exercice, maintenir un poids santé,  consommer une bonne quantité de fibres, de fruits et de légumes, tout en réduisant votre consommation de viandes rouges et de viandes transformées peut diminuer les risques.

Si vous êtes âgés de 50 à 74 ans, la Société canadienne du cancer vous recommande fortement de demander à un professionnel de la santé qu’il vous parle des tests de dépistage, ou vous pouvez accéder au lien du programme provincial de dépistage du cancer colorectal. Si vous n’avez pas de symptômes, un dépistage périodique du cancer colorectal est recommandé tous les deux ans pour les adultes à risque moyen, âgés de 50 à 74 ans. Le dépistage peut détecter les polypes pour qu’ils soient enlevés avant qu’ils ne deviennent cancéreux. Le dépistage peut également détecter le cancer du côlon durant les premiers stades de la maladie alors que les chances de succès des traitements sont de beaucoup supérieures. Les adultes âgés de 75 ans et plus devraient discuter des bienfaits du dépistage avec leur professionnel de la santé.

Si vous avez un risque accru de développer un cancer colorectal, parlez à votre professionnel de la santé des options de dépistage qui vous conviennent le mieux.

Tests de dépistage

La recherche de sang occulte dans les selles est le test de dépistage du cancer colorectal le plus courant. Ce test sert à analyser un échantillon de selles afin d’y détecter la présence de sang. L’échantillon peut être prélevé au bureau du médecin ou à la maison, à l’aide d’une trousse conçue à cet effet. Il est ensuite envoyé au laboratoire pour être analysé.

Les polypes ou les tumeurs dans le côlon sont nourris par des vaisseaux sanguins qui peuvent libérer une faible quantité de sang dans les selles. L’analyse des selles sert à détecter le sang caché et impossible à voir à l’œil nu. La présence de sang dans les selles n’est pas nécessairement un indicateur de polypes ou de cancer. Si une analyse des selles indique la présence de traces de sang, d’autres tests sont nécessaires afin de trouver d’où provient le saignement et pourquoi il s’est produit.

Discutez des bienfaits et des risques associés au dépistage du cancer colorectal avec votre professionnel de la santé.

RESSOURCES

American Cancer Society

Société canadienne du cancer

Société canadienne du cancer

Société canadienne du cancer

Société canadienne du cancer

Colorectal Cancer Alliance

Cancer Colorectal Canada

Global News

Gouvernement du Canada

Santé Canada

JAMA Network Open

Mayo Clinic

Medical News Today

WebMD